Check-List
- Cattus
- 17 sept. 2016
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 30 janv. 2025

Aménagez la maison pour le bien-être de votre chat.
Comme tout félin qui se respecte, le chat a les sens extrêmement aiguisés : il réagit aux sons et ultrasons, aux changements de luminosité, aux odeurs les plus subtiles, à l’intensité des mouvements.
Quelques exemples :
Goût et odorat : Il pourrait sembler que votre chat ne soit pas très enclin à se désaltérer, alors qu’en réalité, il ne boit pas n’importe quelle eau, préférant l’eau de pluie ou celle de l’étang voisin. Vous l’avez certainement vu lécher les flaques sur votre balcon, ou dans la rue. Parfois il lui arrive de refuser de boire dans sa gamelle, simplement parce qu’elle aura été lavée avec du savon ou qu’elle sentira le plastique (ou l’aluminium) chauffé au soleil. Ainsi, pour lui donner envie de boire à la maison, il serait important de laver sa vaisselle à l’eau bouillante et si possible sans savon (ou de la rincer abondamment) ; et puis, privilégier des matières telle que le verre et la céramique serait l’idéal, ainsi que de prendre soin de placer l’assiette dans un coin à l'ombre. À noter aussi que l’eau et la nourriture ne devraient pas être posées aux lieux de passage, ni trop proches l'une de l'autre, car le chat à l’état sauvage cherche un coin tranquille pour manger et ne boit jamais à proximité de l’endroit où il a déposé sa proie.
Question nourriture, pas de doutes, le félin n’est que carnivore. Les légumes, gâteaux, pâtes et autres mets humains ne sont pas destinés à son estomac. La viande crue n’est pas non plus recommandée, mieux vaut la cuire. Et puis, fidèle à son instinct de chasse, votre chat va manger toutes sortes de petites proies à l’extérieur, d’où l’importance de le faire vermifuger régulièrement (demandez conseil à votre vétérinaire).
Chaleur et odeur : notre petit félin est sensible au climat et aux variations de température. Une grande partie de son temps, il va chercher à se déplacer d’un endroit à l’autre pour sa sieste, au gré du niveau de chaleur et de luminosité qu’il ressent comme convenable. Il ne se plaît pas dans une grande maison ouverte à tous vents et pleine de lumière, car il a besoin de se réfugier dans des petits coins cachés (ce qui est synonyme de sécurité et de confort pour lui). Une armoire entrouverte ou un carton sous un bureau seraient dans ce cas préférés au grand divan en cuir du salon. Et s’il opte pour le tas de linge fraîchement repassé, il y a des chances que son attirance soit associée à la chaleur et à la douceur de la matière, plutôt qu’à l’odeur du savon à lessive. D’ailleurs, il serait intéressant de se demander pourquoi le chat aime tant la propreté : encore une histoire de sensations qui nous échappent. Pourtant, si vous lui lavez sa paillasse préférée, il est très possible que vous le surpreniez tout à coup à la bouder, la trouvant de mauvaise odeur. Essayez dans ce cas de la débarrasser de tout parfum de savon. De même pour les sols et les tapis lavés aux détergents chimiques : c’est un poison pour lui.
Le chat n’aime pas non plus porter nos odeurs de corps trop longtemps sur lui : après la séance de caresses qu’il affectionne tant, il ne sera pas rare de le voir faire sa toilette méticuleusement, avant de piquer un petit somme. Dans ce cas, ne le touchez plus, car vous abîmeriez son patient travail de désodorisation. D’ailleurs, il y a des chances qu’il vous fasse comprendre d’un regard courroucé que votre geste est déplacé.
Ouïe et vision : et puis il y a le jeu des sons et des mouvements, un grand problème pour la cohabitation de ce petit félin avec l'humain si bruyant et agité à ses yeux (ou plutôt, à ses sens). Imaginez entendre x fois amplifié le bruit de la scie électrique, de l’aspirateur, les cris stridents (les oiseaux le savent bien d’ailleurs, puisqu’ils cassent les oreilles aux intrus pour les chasser hors de leur périmètre). Mais si nous en revenons aux sons habituels, il est évident que votre compagnon cherchera à s’éclipser de temps en temps à la recherche d’un coin calme, et cela semble inévitable. Un petit panier à la cave pourrait lui être d’un grand secours, surtout lors de la phase de sieste profonde, dans l’après-midi. De toute manière, il s’arrangera pour remédier à cet inconvénient, quitte à aller ronronner chez une personne âgée du voisinage.
Ce qui est valable pour le bruit, l’est tout autant pour le mouvement : un chat n’aime pas que l’on s’affaire autour de lui, l'agitation le stresse. Les visites, les fêtes, les allées et venues quotidiennes de toute la famille sont des occasions pour aller voir ailleurs, le temps que tout revienne à la « normale », c’est-à-dire dans un registre tolérable pour sa réceptivité sensitive. Mais pas une maison totalement désertée non plus, car votre compagnon adore la compagnie, surtout celle de type peu affairée, aux gestes modérés et à la voix calme. Le must pour lui est de siester auprès de vous, en toute décontraction, lorsque vous lisez un livre le soir dans un coin cosy.
Donc, si nous résumons, penser comme un chat reviendrait à se mettre sur le registre de la sensation : si votre compagnon devient nerveux, fuyant ou amorphe, il y a un problème. Chercher la source du stress, c’est identifier les raisons de son incommodité : l’eau, la nourriture, les odeurs, le chaud/froid, les courants d’air, le fond sonore, les lieux de repos et les activités dans la maison.
Lorsque vous aurez passé en revue votre check-list et réaménagé la maison façon félin, il y a de grandes chances que votre chat vous montre son approbation par un changement de comportement tout à fait agréable. Mais si le problème devait subsister, il conviendrait alors de faire appel à un spécialiste (comportementaliste animal).